Dérives cinématographiques

avec Nour Ouyada

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La dérive cinématographique se propose de concevoir une pratique et une théorie de la dérive au cinéma. La définition de ce concept concerne à la fois des œuvres et des pratiques déjà existantes aussi bien qu’une expérimentation esthétique, formelle et structurale que je mène personnellement. L’identification d’un cinéma de la dérive a pour but de dégager les motifs, les mouvements et les dynamiques principalement engagés dans cette pratique. Il s’agit donc pour moi de regarder le cinéma à travers le prisme de la dérive, notamment tel que la théorisent et la pratiquent les situationnistes. Cette recherche envisage la dérive comme une posture qui, pour rependre Debord, consiste à «se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent». Avant d’être un geste qui agit, c’est un geste qui s’implique par sa disponibilité. C’est le regard et l’écoute qui dérivent sur les éléments enregistrés pour briser la cohérence première d’un film autour d’une histoire au profit d’une cohérence d’un autre genre, qui se permet de suivre et d’errer à travers les images, les sons, les lumières, les textures, les couleurs, la musique, les mots, les paroles, le gestes, les mouvements et les motifs. La dérive cinématographique vise à faire de ces éléments là les éléments porteurs d’un film.

Ce programme, qui sera présentée dans le cadre de Synapses 0, à Dawawine, est non seulement une manière d’ouvrir un champ de dialogue mais aussi un premier pas vers une réelle mise en place d’une pensée de la dérive cinématographique.

Nour Ouayda

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Cinematic Drifting is a theoretical and practical research project that explores drifting (la dérive) in cinema. Defining this concept involves both looking at existing works and practices, as well as aesthetic, formal and structural experimentation in which I am personally embarking. The aim of identifying a cinema of the drift (cinéma de la dérive) is to extract the main patterns, movements and dynamics engaged in this practice. This identification is a way to view cinema through the prism of la dérive, especially as it was practiced and theorized by the Situationists. The research poses la dérive as a posture of those who, in the words of Debord, “let themselves be drawn by the attractions of the terrain and the encounters they find there”. It is thus, first and foremost, a way of being available not only to what is being recorded and filmed but also to the cinematic gesture itself. It is a gaze that drifts upon the recorded elements, breaking a film’s initial coherence around a story in search of another kind of coherence, one that allows itself to wander in between images, sounds, lights, textures, colours, music, words, gestures, movements and motifs. Cinematic Drifting aims to make these elements the carriers of a film.

This program, presented within the framework of SYNAPSES 0 at Dawawine, is a first concrete step towards establishing a theory and practice of cinematic drifting.

 

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