infiltration Godard (du cycle 4 au cycle 3 en évoquant le cycle 1)

On travaille pendant plusieurs mois sur un thème, Rami Sabbagh avait choisi l’image des débuts du cinéma chez les réalisateurs modernes et contemporain, c’était notre cycle 3. Parfois on ne sait plus quand est-ce que les idées avaient commencé à s’affirmer, où étaient les prémisses. À un moment on se rend compte que ça remonte toujours à avant. Et puis surtout, une fois que c’est terminé depuis longtemps, on retrouve plein de choses excitantes et on se remet à faire des liens. Comme ceci par exemple, écrit par Jean-Luc Godard, que je n’ai lu qu’hier (parce qu’on a des livres là-bas) pendant que je pourchassais sur les étagères autre chose pour le cycle 4 (celui-là commence très bientôt). Et qui a fait retentir mon rire dans mon lieu de travail. En fait, je vais le dire, Godard a commencé de me faire rire avec son ange Gabriel perdu dans Je vous salue Marie (ça c’était le cycle 1 sur les anges et les cafards), et je pense franchement à toute personne que j’ai vu grimacer quand on dit Godard, et je pense aussi à celles qui essayent de convaincre ceux qui ne l’aiment pas avec de belles théories incontestables, alors qu’en fait c’est dans son humour qu’il faut voir ! Humour et désespérance. Heureusement.

L’extrait en question :

aujourd’hui

on dit un vieux film

on ne dit pas un vieux livre

si tu dis un vieux livre

ça veut dire livre

en mauvais état

mais don Quichotte n’est pas

un vieux livre

même pas un vieux roman

Griffith

Napoléon de Gance

tu dis

un vieux film

il y a quelque chose

il était mortel

le cinéma

et c’est normal qu’il s’arrête

mais ces vieux films

mais non

si tu les restaures

et si tu les montres

ce ne sont plus

de vieux films

mais personne, non

ce sont des émerveillements

du cinéma

oui

c’est une fête

van Gogh est une fête

quand on les projette comme ça

mais jamais on ne fait

tourner van Gogh

dans tous les villages

on le voit une fois

si t’habites à Paris

et que tu veux pas

faire la queue

trois mois sous la pluie

tu ne le vois pas

2x50 ans de cinéma français, J-L. Godard et A-M. Miéville

2×50 ans de cinéma français, J-L. Godard et A-M. Miéville

Nota Bene : maintenant, on ne projette pas Godard, par contre on a plein de livres de, sur et à côté de Godard.

Sara Sehnaoui – 30/05/2014 – Beyrouth

 

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